L’isolement social et la solitude

L’isolement social se produit quand une personne réduit sa participation sociale ou ses contacts avec d’autres personnes et qu’il en résulte la solitude ou d’autres problèmes émotionnels.

 

Le Conseil national des aînés définit l’isolement social comme le fait d’avoir des contacts rares et de piètre qualité avec autrui. L’isolement social suppose peu de relations et peu de rôles sociaux ainsi que l’absence de rapports mutuels gratifiants. L’isolement social diffère de la solitude, qui désigne la perception par les aînés d’un manque d’interaction ou de communication avec les autres.  L’isolement social augmente la probabilité pour les aînés de se sentir seuls, mais une personne peut éprouver un sentiment de solitude même accompagnée.

La solitude est davantage définie comme un état de nature plus subjective (qui prend racine dans la façon dont la personne perçoit la qualité du contact). La solitude désigne la perception par les aînés d’un manque d’interaction ou de communication avec les autres. La solitude est donc liée à l’isolement social, mais n’est pas la même chose. Concernant l’isolement social, le nombre de contacts peut être compté. Par exemple, une personne peut se sentir seule tout en étant au milieu d’une salle pleine de gens, ce qui fait qu’elle n’est donc pas socialement isolée.

Aînés socialement isolés – caractéristiques

L’isolement social des aînés génère des difficultés pour les personnes concernées et leurs proches.  L’isolement social et l’exclusion sont souvent liés à d’autres problèmes tels :

  • Un risque plus élevé de mort prématurée
  • Un état de bien-être général diminué
  • La dépression
  • Incapacité liée à une maladie chronique
  • Mauvaise santé mentale
  • Besoin accru de recourir à des services de soutien et de santé
  • Détérioration de la qualité de vie
  • Fardeau des aidants
  • Santé générale mauvaise

James S. House, Karl R. Landis et Debra Umberson (1988) soutiennent que les relations sociales, ou le manque relatif de celles-ci, constituent un risque élevé pour la santé – au même titre que le tabagisme, l’hypertension, un niveau de cholestérol trop élevé, l’obésité et le manque d’activité physique. De nos jours, le manque de relations sociales menace la santé et peut contribuer à la mortalité.

Quels aînés sont particulièrement à risque d’isolement?

L’isolement peut résulter de circonstances et de situations à la fois sociales et individuelles.  Keefe et ses collègues (2006) ont compilé des données afin de proposer des situations pouvant rendre les aînés plus vulnérables :

  • Assistance limitée pour des activités routinières telles : la préparation des repas, le magasinage et le transport
  • Faible soutien émotif
  • Peu d’activités physiques
  • Personne vivant seule

Certains aînés vivent l’exclusion dans certains aspects de leur vie. Keefe et Fancey (2007) ont mesuré comment les aînés peuvent être exclus dans :

  1. Leur interaction avec des amis et des parents
  2. Leur implication dans des activités communautaires
  3. Leur bien-être dans le quartier où ils habitent.

Ils ont ainsi découvert que près des trois quarts des aînés se sentent exclus dans l’un de ces trois domaines, le plus souvent dans les activités communautaires. Près de la moitié des aînés vivent l’exclusion dans deux des trois catégories.

Les aînés les plus susceptibles d’être exclus :

  • Sont plus âgés
  • Vivent en milieu urbain
  • Vivent seuls
  • Sont limités dans leurs activités pour raison de santé
  • Sont nés à l’extérieur du Canada
  • Sont moins scolarisés.

Ensemble, les deux études susmentionnée permettent de distinguer les aînés vulnérables face à l’exclusion, et ceux qui souffrent effectivement de l’exclusion.  Ces caractéristiques peuvent permettre aux organisations d’identifier plus facilement  les aînés à risque.

Quels sont les indicateurs de l’isolement social?

 

Des changements normaux dus au vieillissement (concernant la vision ou l’ouïe) ou encore des crises (perte d’un proche, déménagement…) peuvent exposer un aîné à l’isolement social. La perte d’un proche ou d’autres coups durs ne signifient pas inévitablement l’isolement social. La mesure dans laquelle une personne devient isolée socialement dépend de ses propres capacités et du soutien de son entourage.

Quels sont facteurs de risque?

Plusieurs facteurs d’ordre individuel, social ou environnemental accroissent le risque d’isolement social ou la solitude :

  • Les incapacités
  • La perte d’un(e) conjoint(e)
  • Vivre seul(e)
  • Peu de réseau social
  • Le vieillissement
  • Difficultés de transport
  • Le lieu de résidence
  • La pauvreté
  • Une faible estime de soi
  • Une santé fragile
  • Le genre

Règle générale, plus nombreux sont les facteurs de risque, plus grand est le risque d’isolement. Par exemple :

  • Le manque d’information et une mauvaise santé sont associés à la pauvreté. Spécialement pour les aînés appartenant à des minorités ou pour des aînés avec des incapacités.
  • La pauvreté est liée au niveau d’éducation et aux compétences, ce qui limite les possibilités de participation.
  • Un revenu peu levé limite la capacité des membres de la famille de fournir de l’aide.
  • Une faible estime de soi accroit le risque d’abus financier et accroit l’isolement.
  • La perte d’un(e) conjoint(e) fait en sorte que l’aîné(e) reste seul(e), avec un réseau social diminué.

L’isolement social peut être le résultat de conditions sociales qui ont pour effet d’exclure les aînés. Les aînés victimes d’âgisme, de racisme, de maltraitance, de sexisme ou d’homophobie peuvent amener une personne à restreindre ses activités sociales.  Tout ceci est lié au fait que, trop souvent, l’on sous-estime et rabaisse les aînés dans notre société. Les images négatives des aînés font que ceux-ci se sentent négligés et rejetés.

Quels sont les facteurs de protection?

Ce sont des conditions, des situations ou des circonstances qui favorisent l’intégration sociale. Les facteurs de protection sont nombreux :

  • Une bonne santé
  • Un revenu et un logement adéquats
  • Un quartier sécuritaire
  • Des capacités de communiquer et de trouver les services nécessaires
  • Des relations interpersonnelles satisfaisantes
  • Un réseau d’aidants
  • Se sentir apprécié et utile aux autres
  • Accès aux soins de santé
  • Jouer un rôle utile dans la société
  • Accès à des moyens de transport